{"id":10025,"date":"2019-12-04T15:40:47","date_gmt":"2019-12-04T15:40:47","guid":{"rendered":"https:\/\/syncope.be\/?p=10025"},"modified":"2026-08-29T12:27:53","modified_gmt":"2026-08-29T12:27:53","slug":"guyane-au-son-du-kaseko","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/syncope.be\/index.php\/2019\/12\/04\/guyane-au-son-du-kaseko\/","title":{"rendered":"Guyane : au son du Kas\u00e9k\u00f2"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme ses proches voisins : Surinam, Guyana, Br\u00e9sil, la Guyane est riche de diversit\u00e9s aussi bien humaines, qu&rsquo;\u00e9cologiques ou zoologiques\u2026 Il en est de m\u00eame pour les tambours et rythmes qui existent dans cette r\u00e9gion.   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour notre premi\u00e8re incursion en terre amazonienne, nous limiterons notre attention \u00e0 la culture tanbou, telle qu&rsquo;elle vit aujourd&rsquo;hui dans la zone urbaine de Cayenne (capitale de la Guyane). Kas\u00e9k\u00f2, c&rsquo;est le ma\u00eetre-mot quand on parle de culture tanbou du c\u00f4t\u00e9 de Cayenne. Il englobe musique tanbou, danses et chants chez les Cr\u00e9oles (1). C&rsquo;est aussi le nom de l&rsquo;un des rythmes jou\u00e9s lors des Kas\u00e9k\u00f2, l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on joue, chante et danse les diff\u00e9rents rythmes de cette tradition.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<div class='embed-container'><iframe loading=\"lazy\" title=\"D\u00e9monstration danse Kas\u00e9k\u00f2 - Extrait DVD danses traditionnelles cr\u00e9oles guyanaises au tambour\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/KtHr5BSU2bs?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les Tambours <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a trois grands types de tambour, les tanboukas\u00e9k\u00f2, le tanbou graj\u00e9 et le tanbou kanmoug\u00e9. Leur utilisation varie en fonction des rythmes et des chants. Les tanbou kas\u00e9k\u00f2 sont au nombre de trois : le Koup\u00e9 joue les solo et suit le chant pendant tout le morceau ; le tanbou Foul\u00e9 pour l&rsquo;accompagnement et le Plonb\u00e9 tient la basse et ex\u00e9cute la figure rythmique. Les peaux utilis\u00e9es sont de Cariacou (une biche guyanaise), de Kochon bwa (cochon sauvage), de Kabrit (ch\u00e8vre). Il se dit que les peaux de Tigre ou de Serpent sont aussi utilis\u00e9es\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Tradition ouverte <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les femmes  sont nombreuses dans le milieu du tambour Guyanais. Elles sont chanteuses ou bien \u00ab\u00a0tanbouyen\u00a0\u00bb, particuli\u00e8rement sur le tanbou Foul\u00e9. Certaines sont issues de familles ancr\u00e9es dans le milieu tanbou, d&rsquo;autres ont appris en allant dans les salles konvw\u00e9 ou encore au sein d&rsquo;associations. Cette tradition ouverte fait que la culture tambour est bien ensouch\u00e9e en terre guyanaise. Les associations de danse traditionnelle avaient perdu de leur succ\u00e8s, notamment aupr\u00e8s des jeunes, mais l&rsquo;ouverture d&rsquo;une salle konvw\u00e9 \u00e0 Cayenne par Man Serotte  (Madame Serotte) &#8211; grande figure de la musique guyanaise &#8211; a contribu\u00e9 \u00e0 mieux faire conna\u00eetre et aimer le Kas\u00e9k\u00f2.  Cette salle est ouverte toute l&rsquo;ann\u00e9e, sauf pendant la p\u00e9riode du car\u00eame, et est tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9e. La salle konvw\u00e9, c&rsquo;est l\u00e0 o\u00f9 a lieu le Kas\u00e9k\u00f2. Tout comme les bals graj\u00e9 d&rsquo;avant, on s&rsquo;y s&rsquo;amuse et on y tient la chronique sociale. Elle est ouverte \u00e0 tous, toutes origines, classes sociales et g\u00e9n\u00e9rations confondues -. Qui veut, peut danser, chanter, battre le tambour,  surtout au d\u00e9but avant que les d\u00f2k\u00f2, &#8211; les ma\u00eetres, les anciens &#8211; n&rsquo;arrivent. Il suffit d&rsquo;attacher le Kanmza, le foulard, autour des reins et de se lancer ! <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Rythmes, chants et danses<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<div class='embed-container'><iframe loading=\"lazy\" title=\"Concours Tanbou\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/q2Jeb3EtU7c?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Kas\u00e9k\u00f2 ainsi que nous l&rsquo;avions d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9, est aussi un rythme et une danse. Il est jou\u00e9 avec les trois tanbou et un ti-bwa (deux baguettes dont la percussion tient le rythme et la vitesse du morceau, accompagnant les tambours). Ce rythme convie au d\u00e9foulement mais aussi au soul\u00e8vement. Comme pour la plupart des autres rythmes, la danse n&rsquo;est pas chor\u00e9graphi\u00e9e en quadrille. Les danseurs \u00e9voluent par couple et leur nombre n&rsquo;est pas limit\u00e9. Autre rythme dans\u00e9 aussi en couple &#8211; il existe une variante en quadrille appel\u00e9e \u00a0\u00bb la Boulang\u00e8r \u00ab\u00a0&#8211; le L\u00e9rol.  Il est ex\u00e9cut\u00e9 \u00e0  l&rsquo;aide de deux tanbou (koup\u00e9 et foul\u00e9) et un chacha (semblable aux maracas). C&rsquo;est la chanteuse qui tient le chacha, imprimant le tempo.  <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Influences et diversit\u00e9s <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En Guyane, il est g\u00e9n\u00e9ralement reconnu que les travailleurs venus de Sainte-Lucie (Petites Antilles), \u00e0 la recherche d&rsquo;or ont influenc\u00e9 la tradition cr\u00e9ole. Ainsi le D\u00e9bot et le Labassou seraient les fruits de cette rencontre. Le D\u00e9bot est jou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aide des trois tanbou kas\u00e9k\u00f2 plus un ti-bwa. Il ressemble au rythme Kas\u00e9k\u00f2 mais avec un mark\u00e9 (accentuation) du tanbou Koup\u00e9. En ce qui concerne le Labasiou (ou Labassou), on retrouve les tanbou Foul\u00e9 et Koup\u00e9 accompagn\u00e9s du ti-bwa. Les chants appellent \u00e0 l&rsquo;amusement, le style est langoureux et la danse, une v\u00e9ritable d\u00e9monstration de \u00a0\u00bb kas\u00e9 ren \u00ab\u00a0, de d\u00e9hanchements\u2026\u00a0\u00bb B\u00e9lia manman, b\u00e9li, b\u00e9li,b\u00e9lo\u2026\u00a0\u00bb, et voici le B\u00e9lia. Un rythme lent  jou\u00e9 avec les tanbou Foul\u00e9, Koup\u00e9 et soutenu par le ti-bwa. Les chants parlent du travail de la terre, des semailles\u2026 Il n&rsquo;y a pas de similitude apparente avec le B\u00e9lia que l&rsquo;on retrouve en plusieurs endroits de l&rsquo;archipel antillais.  <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Graj\u00e9 et Kanmoug\u00e9 <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Terminons cette revue par deux rythmes un peu particuliers : le Graj\u00e9  et le Kanmoug\u00e9. Tous deux poss\u00e8dent leur propre tambour. Le tanbou graj\u00e9 qui pr\u00e9senterait une certaine similarit\u00e9 avec le tambour indien que l&rsquo;on conna\u00eet dans la r\u00e9gion, le Matalon. Mais la Guyane ayant \u00e9t\u00e9 peu concern\u00e9e par l&rsquo;immigration des travailleurs venus du sous-continent, il faut peut-\u00eatre chercher ailleurs les origines de ce particularisme. Le rythme s&rsquo;interpr\u00e8te \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;aide du tanbou Koup\u00e9. Il se joue sur deux temps et sur un tempo lent. Les chants parlent de la vie sociale. Les bals graj\u00e9 \u00e9taient l&rsquo;occasion de s&rsquo;amuser mais aussi de tenir la chronique sociale \u00e0 l&rsquo;instar de ce qui se passe dans les salles \u00ab\u00a0konvw\u00e9\u00a0\u00bb. Le tanbou Kanmoug\u00e9 (ou Kamoug\u00e9)  est un tanbou \u00a0\u00bb bwa fouy\u00e9 \u00ab\u00a0. C&rsquo;est \u00e0 dire qu&rsquo;il est fait d&rsquo;une seule pi\u00e8ce \u00e0 partir d&rsquo;un tronc d&rsquo;arbre \u00e9vid\u00e9. C&rsquo;est la version proche de la tradition. Il arrive actuellement que le Kanmoug\u00e9 soit jou\u00e9 sur les tanbou Kasek\u00f2. Ce rythme \u00e9tait beaucoup utilis\u00e9 pour accompagner le travail (agriculture, p\u00eache, construction\u2026) notamment \u00e0 l&rsquo;occasion des \u00ab\u00a0mayouris\u00a0\u00bb (chantiers collectifs). <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">par Diyo Laban      <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(1) Am\u00e9rindien, Cr\u00e9ole et Bushinengue  sont historiquement les trois groupes humains fondateurs de l&rsquo;actuelle soci\u00e9t\u00e9 guyanaise. Les Cr\u00e9oles constituent le groupe le plus important en milieu urbain.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ecouter CD Man Serroteet Buisson Ardent (p) Buda Music.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lire \u201dMusiques et danses cr\u00e9oles au Tambour de la Guyane francaise\u201d par Monique Bl\u00e9rald-Ndagano Collection Espace Guyanais Editions Ibis Rouge,  1996.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme ses proches voisins : Surinam, Guyana, Br\u00e9sil, la Guyane est riche de diversit\u00e9s aussi bien humaines, qu&rsquo;\u00e9cologiques ou zoologiques\u2026 Il en est de m\u00eame pour les tambours et rythmes qui existent dans cette r\u00e9gion. 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