{"id":10003,"date":"2003-05-06T11:10:10","date_gmt":"2003-05-06T11:10:10","guid":{"rendered":"https:\/\/syncope.be\/?p=10003"},"modified":"2026-08-29T12:27:53","modified_gmt":"2026-08-29T12:27:53","slug":"tanbou-bo-kannal-resister-pour-exister","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/syncope.be\/index.php\/2003\/05\/06\/tanbou-bo-kannal-resister-pour-exister\/","title":{"rendered":"Tanbou B\u00f2 Kannal : r\u00e9sister pour exister"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">SYNCOPE N\u00b0 12 Mai 2005  <\/p>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> TANBOU BO KANNAL 1973 &#8211; 2003 :     <\/p>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Tanbou B\u00f2 Kannal est en Martinique le groupe-r\u00e9f\u00e9rence pour la musique            de carnaval, la musique de rue. C&rsquo;est aussi une association bien implant\u00e9e dans son quartier, B\u00f2 Kannal, (quartier Rive Droite Levassor), qui ne se contente pas d&rsquo;exister seulement le temps du carnaval. Avec le Tambour comme \u00e9l\u00e9ment f\u00e9d\u00e9rateur  ce \u00a0\u00bb band \u00a0\u00bb &nbsp;\u00e0 pied a su impulser une nouvelle  dynamique &nbsp;et une autre image de ce quartier populaire de Fort-de-France. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<div class='embed-container'><iframe loading=\"lazy\" title=\"Tanbou bo kannal an nkannaval 2014\" width=\"1440\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/apsBUZYdV2I?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n<\/div><\/figure>\n<\/div><\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Tanbou B\u00f2 Kannal (TBK) a fait sa premi\u00e8re apparition dans le carnaval  en 1973, une \u00e9poque o\u00f9 peu de Martiniquais se mobilisaient vraiment pour la transmission des traditions populaires. Le quartier B\u00f2 Kannal a la chance de compter parmi ses habitants, des anciens qui se sont battus pour que cette transmission se fasse. Particuli\u00e8rement le chanteur B\u00e9l\u00e8, Victor Tr\u00e8ffe, qui d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 60 avait initi\u00e9 un travail sur les personnages du carnaval tel le \u00a0\u00bb papa &nbsp; djab \u00a0\u00bb (Le roi des Diables). Ces anciens ont aussi transmis des traditions qui sont propres au quartier. Cette forte identit\u00e9 est le fruit des luttes des gens qui y sont install\u00e9s. En majorit\u00e9 des p\u00eacheurs qui ont d\u00fb se battre pour se faire respecter !    <\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le retour aux racines<\/h2>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce contexte a permis \u00e0 des jeunes qui s&rsquo;int\u00e9ressaient \u00e0 leurs traditions d&rsquo;apprendre le danmy\u00e9 (lutte dans\u00e9e martiniquaise), la danse, le tambour et d\u00e9velopper leurs propres activit\u00e9s                 culturelles. C&rsquo;est le cas &nbsp;des fr\u00e8res Gern\u00e9,  Eric et Niko, qui sont des membres fondateurs du groupe TBK. Cette troupe  compos\u00e9e de tanbouy\u00e9s (parfois plus d&rsquo;une vingtaine), de joueurs de Tibwa (section de bambou frapp\u00e9 avec deux baguettes), de danseuses et d&rsquo;une                 section de cuivres a connu le succ\u00e8s d\u00e8s ses premi\u00e8res sorties. Ce fut une r\u00e9ponse \u00e0 la commercialisation et l&#8217;embourgeoisement du carnaval  martiniquais. Une tradition qui \u00e9tait en train de perdre son \u00e2me populaire, car les comit\u00e9s organisateurs&nbsp;voulaient en faire une attraction pour touristes. Le succ\u00e8s des tambours de B\u00f2 Kannal d\u00e9borde  le quartier, les gens ne voulaient plus \u00a0\u00bb courir le vid\u00e9 \u00a0\u00bb (d\u00e9fil\u00e9 rapide &nbsp;au son de la musique) derri\u00e8re un char sonoris\u00e9. Et cette r\u00e9ussite, a depuis fait \u00e9cole, car nombre d&rsquo;autres groupes du m\u00eame type ont \u00e9cl\u00f4t.<\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;union des g\u00e9n\u00e9rations autour du tambour<\/h2>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Les habitants du quartier B\u00f2 Kannal per\u00e7oivent positivement &nbsp;ce groupe qui a m\u00e9diatis\u00e9 leur lieu de vie. Ils &nbsp;en sont fiers &nbsp;et ils savent que c&rsquo;est une r\u00e9ussite collective. Les a\u00een\u00e9s se sont entendus avec les plus jeunes. Pour les jeunes cela a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;occasion de conna\u00eetre l&rsquo;histoire de leur quartier, d&rsquo;int\u00e9grer une autre image de celui-ci. Pour beaucoup, c&rsquo;est un quartier dangereux. Les gens y ont une r\u00e9putation de \u00a0\u00bb maj\u00f2 \u00ab\u00a0, de durs, alors qu&rsquo;en fait il y existe une tradition de r\u00e9sistance aux injustices. Les fondateurs du groupe, s&rsquo;enorgueillissent d&rsquo;avoir jou\u00e9 un r\u00f4le dans la transmission de cette tradition de r\u00e9sistance et dans la valorisation de l&rsquo;image du quartier. Autre objectif de la machine TBK, faire conna\u00eetre la culture martiniquaise lors de ses tourn\u00e9es en Europe, aux Etats-Unis au Br\u00e9sil et  dans toute la Cara\u00efbe. Ces tourn\u00e9es sont aussi mises \u00e0 profit pour d\u00e9velopper les contacts avec d&rsquo;autres musiciens et les habitants. Nombre de membres de la troupe n&rsquo;ont pas oubli\u00e9 leur rencontre avec les  habitants de Tobago lors d&rsquo;un festival dans ce haut lieu de Carnaval qu&rsquo;est Trinidad et Tobago. Autre moment fort dans l&rsquo;histoire du groupe, celle avec le groupe Wofa&nbsp;de Guin\u00e9e et un disque r\u00e9alis\u00e9 sur le label Buda Records qui concr\u00e9tise cet \u00e9change entre tambours guin\u00e9ens et martiniquais.   <\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une approche musicale et sociale<\/h2>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout comme les groupes Voukoum en Guadeloupe ou Olodum au Br\u00e9sil, Tanbou B\u00f2 Kannal ne se contente pas de faire de la musique. A l\u2019instar de ses pairs c\u00e9l\u00e8bres \u00e0 Bahia et Basse-Terre, il  d\u00e9veloppe une d\u00e9marche sociale en direction des habitants du quartier. &nbsp;Avec l&rsquo;aide de l&rsquo;esprit de r\u00e9sistance, ils luttent contre des difficult\u00e9s comme les probl\u00e8mes de toxicomanie ou &nbsp;de ch\u00f4mage.  &nbsp; &nbsp;     <\/p>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Article de Diyo Laban <\/p>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Voir le DVD \u201cLes 30 ans de Tanbou B\u00f2 Kannal   \u201c In extremis Prod. 2004. R\u00e9al             : Jil Servant\n<\/p>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> &nbsp; <br \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SYNCOPE N\u00b0 12 Mai 2005 TANBOU BO KANNAL 1973 &#8211; 2003 : Tanbou B\u00f2 Kannal est en Martinique le groupe-r\u00e9f\u00e9rence pour la musique de carnaval, la musique de rue. 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